L’expression est bien connue, surtout grâce au Chéma.

 

Mais où retrouve-t-on cette formulation pour les premières fois ?

Bien sûr dans la Bible, dans la Torah.

En fait “Véahavta” est employé à trois reprises :

La première fois : ” Tu aimeras ton prochain comme toi même”
Puis “Tu aimeras l’étranger car tu as été toi même étranger en Egypte”
Et enfin “Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu…” repris dans le Chéma

 

Donc comme on le voit il y a une certaine chronologie, un ordre.

 

D’abord aimer son prochain (comme soi même), ce n’est pas si simple. D’ailleurs Hillel, lui même, lorsqu’on lui demanda de résumer la Torah en une seule phrase, s’est contenté de “Ne fais pas autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse”, jugeant “Aime ton prochain comme toi même”, trop difficile.
Ensuite, une fois cette étape passée, “Aime l’étranger”, l’autre, le différent, l’éloigné. Bien plus difficile. Demande un gros effort. Pour certains, la plupart d’entre nous, très dur, voire inatteignable.
Et ce n’est qu’ensuite qu’on peut envisager la dernière étape, “Aimer l’Eternel”. Comme si on avait besoin de passer par les deux premières étapes, c’est à dire aimer les hommes pour pouvoir envisager, approcher l’amour de D.ieu.
En effet dans notre tradition, le rapport horizontal, celui entre les hommes, est privilégié au rapport vertical, celui avec D.ieu.

Hillel le confirme bien lorsqu’il résume le judaïsme en une phrase, répondant au défi de ce juif voulant être enseigné de la Torah le temps de tenir debout sur une jambe. Déjà il ne l’envoie pas balader comme son collègue Shamaï. Puis il ne lui dit pas met les téfilines, ou pratique le chabbat ou encore va prier D.ieu à la synagogue (qui sont les trois refrains, rengaines le plus souvent repris par nos rabbins), il lui parle de sa relation avec son prochain, son frère, l’autre. C’est pour Hillel, sans aucun doute, la priorité première.
Mais il ne s’arrête pas là, il termine sa recommandation par “Va et étudie”.
Pour bien signifier qu’il s’agit, certes de commencer par ici, mais aussi de poursuivre en “allant”, en agissant, en faisant, en prenant son destin entre ses mains. Puis en étudiant c’est à dire en complétant l’action par la réflexion, l’étude, et allant toujours plus loin, en avançant en permanence. Le but n’étant pas le lieu où l’on est, ou où on l’on va, mais plutôt le chemin emprunté, la dynamique. Toujours avancer, progresser.
Comme le dit si bien Enstein “La vie c’est comme le vélo, il faut avancer pour garder l’équilibre, et si tu t’arrêtes, si tu es immobile, tu perds l’équilibre et tu tombes”.

Et voilà de belles leçons de vie en partant de la simple injonction “d’aimer”.