Pessah chéni

Quesako ?
 
Les hébreux sont dans le désert. Ils souhaitent célébrer le 1er anniversaire de la sortie d’Egypte et pour cela ils organisent des sacrifices.
Mais certains d’entre eux ne sont pas « purs » et ne peuvent pas participer à ces sacrifices.
Pourquoi certains sont ils « impurs » ? Car ils transportent des morts, le tombeau de Joseph et celui des fils d’Aaron. Et lorsque l’on est en contact avec des morts, on est impurs.
Ils vont voir Moïse et crient à l’injustice. Certes ils sont « impurs », mais c’est pour la « bonne cause ». Ils demandent donc à pouvoir eux aussi participer à cette célébration.
Après avoir « consulté » D.ieu, Moïse accède à leur demande légitime et organise un mois plus tard (le temps de s’organiser et de devenir « purs » pour ces messieurs) une autre cérémonie, une seconde cérémonie. Une célébration seconde de Pessah. Un Pessah chéni. Le 15 Iyar. Cette année 2022, le 15 mai.
 
Et aujourd’hui ?
Tu rates Pessah. Tu ne pouvais pas être présent au seder. Tu étais en mission à l’autre bout du monde. Tu étais perdu. Tu as oublié.
Si tu le souhaites, si tu es motivé, tu peux faire Pessah 1 mois plus tard.
Comme les examens de rattrapage. Tu as raté juin, tu peux passer en septembre.
 
Quels enseignements de cette anecdote historique ?
 
1) D.ieu peut changer d’avis. Il peut changer son programme. Une demande légitime, appuyée, argumentée des hommes peut faire changer d’avis D.ieu.
C’est encourageant. Aux hommes de prendre en mains leur destin et se montrer déterminés.
 
2) On peut avoir une deuxième chance. Même si on a raté l’échéance, la date de l’examen, la date de la fête, on peut avoir une deuxième chance. Mais pour cela il faut se montrer déterminé, il faut savoir argumenter, savoir présenter sa demande, montrer son côté légitime, juste, équitable. Et alors la décision peut basculer, la seconde chance se présenter.
 
Ça marche à tous les coups ? Pour toutes les fêtes ? Il y a à chaque fois une session de rattrapage ? Si j’ai raté Kippour, je peux demander pardon en décembre ?
Non, faut pas la pousser.
Juste une fois. Comme pour toutes les bonnes choses, il ne faut pas en abuser.
Ok, mais alors pourquoi Pessah et pas une autre fête ?
Car Pessah est La fête fondatrice. Tout démarre à Pessah avec la libération, la sortie d’Egypte, la constitution d’un peuple. Et ensuite tout va s’enchaîner. Alors si on rate le départ du train on a une 2ème chance, ensuite c’est trop tard pour monter à bord. Le train est en marche.

André Bensimon