Quelles leçons, quels enseignements pouvons nous tirer pour nous mêmes de ces aventures bibliques ?

 

Toute cette histoire de Pessah, toutes ces péripéties bibliques révèlent des enseignements pour chacun d’entre nous, à toutes les époques et à tous les endroits.

 

Abraham en traversant le fleuve, en passant de l’autre coté, sur l’autre rive nous incite à sortir du cadre, à savoir parfois tout abandonner pour redémarrer une autre vie ou plus simplement à ne pas suivre mécaniquement une certaine pensée unique ou majoritaire et donc à nos forger nos propres opinions, puis ne pas hésiter à les mettre en oeuvre.

 

Jacob avec sa blessure à la hanche et son boitement nous renvoie à notre propre démarche qui nous le savons maintenant sera parfois hésitante, à la recherche permanente d’un certain équilibre. Une recherche salutaire, car rien n’est jamais abouti, parfait. Ce mouvement permanent, cette recherche constante c’est tout simplement la vie.

 

Joseph nous a envoyé le “mode d’emploi” pour un Juif en exil; il est possible de s’intégrer sans s’assimiler. Participer à la vie de son pays, de la cité dans laquelle on vit, et même en exerçant les plus hautes responsabilités, mais sans jamais se renier, rejeter ses origines, ou se fondre et se diluer dans la masse. Une leçon pour tous les Juifs de diaspora, encore majoritaires dans le monde entier.

 

Moïse enfin avec la sortie d’Egypte nous livre une multitude d’enseignements :

Nous pouvons être esclaves et ne pas vouloir sortir de cet esclavage; qu’il est difficile et parfois impossible pour certains de changer, de s’extraire de leur condition, de leur environnement.

Pour passer d’une étape à une autre, d’esclave à homme libre par exemple, il faut passer par de multiples étapes, ce n’est pas une ligne droite. Il faut “traverser le désert”, peut être même pendant 40 ans pour y arriver. Et durant ce chemin nous allons trébucher (tout le sens du 4ème livre de la Torah, Bamidbar, dans le désert), ce n’est pas grave, l’essentiel étant de savoir de relever et reprendre sa route.

 

La Haggada de Pessah insiste sur la transmission; “Et tu raconteras à tes enfants”. Tous ces récits, toute cette histoire, tout ce qu’on apprend en avançant dans la vie, et bien il ne faut pas le garder uniquement pour soi, il faut le transmettre, il faut l’enseigner, à ses enfants, à ses élèves. Et cela tombe bien car “enseigner c’est s’enseigner à soi même”.

 

Elie Wiesel nous le dit à sa façon

“Ne pas transmettre une expérience c’est la trahir”.

 

Alors Joseph ou Moïse ? Qui sommes nous ?  Qui devons nous être ?

Cet homme qui a changé ses habits d’esclave, d’hébreu pour mettre ceux des égyptiens, ou celui qui a quitté ses habits de prince d’Egypte pour prendre ceux de ses frères hébreux ?