Quel est le message clé, central de Pessah ?

“Tu le raconteras à tes enfants”

Ce message est très clair et explicite dans la Haggada, mais c’est un principe dans notre tradition de façon plus large.

Ce principe d’éducation et de transmission constitue le coeur de l’éthique et de la pensée juive. Maïmonide souligne avec force que le commandement (la mitsva) d’étudier n’est réellement accompli que si le fruit de l’étude est ensuite transmis aux générations suivantes. La connaissance n’a de sens que si elle est transmise mais également critiquée, remise en cause et enrichie. C’est exactement ce que nous faisons les soirs du Seder en lisant et commentant la Haggada.

 

Les soirs du Seder, les enfants sont les vedettes, ils constituent le coeur de la soirée, tout tourne autour d’eux; C’est à eux qu’on s’adresse, c’est pour eux qu’on fait ces soirées. On commence par des questions, on attise leur curiosité, on provoque, on essaie de capter l’attention et  de garder les enfants en éveil. On les fait participer, le soir du Seder il n’y a que des acteurs, aucun spectateur.

 

Le questionnement est central à Pessah. Toute la Haggada est construite autour de questions. Ici nous touchons aussi une attitude clé dans le judaïsme. Se montrer curieux, intéressé, poser des questions, chercher des réponses, des pistes de réponse, ne jamais se contenter d’une seule réponse ou d’un seul point de vue. Il n’y a jamais de mauvaise réponse, et toutes les questions sont bonnes. Le principal est de s’intéresser, de s’approprier les problématiques, d’y réfléchir, d’échanger, d’écouter des avis différents et de se forger ses opinions, et toujours et sans cesse de les remettre en question. Rien n’étant jamais acquis, rien n’étant définitif.

 

Nous commençons la soirée du Seder par “Manichtana” et les quatre questions posées, lues, chantées par les enfants ou même par le plus jeune de l’assemblée réunie pour la fête.

Et les enfants commencent par s’étonner, pourquoi ce soir est-il différent des autres soirs ? ; Or nous n’avons encore rien fait, nous n’avons pas encore commencé, comment alors s’étonner de quelque chose qui ne s’est pas encore produit ?