Boum, LA tarte à la crème, la question qui tue, mais pourquoi cette banalité en fin de série d’articles sur Pessah ?

Qui est juif ? Facile… “Celui qui a une mère juive”, c’est la définition la plus courante, la plus généralement admise.

La loi du retour et le droit d’immigrer en Israël étend la notion de juif (en 1970) aux personnes de parents ou d’arrière parents juifs.

Ces  deux définitions font appel au passé, aux ascendances.

Mais il existe une autre définition pour répondre à cette question.

“Qui est juif ?”

Celui qui a des petits enfants juifs.

Ici on inverse la logique, il n’est plus question de passé,  d’héritage, d’un acquis, de quelque chose qu’on reçoit, mais on contraire il s’agit de faire, de construire son identité, de se tourner vers l’avenir, mais il est surtout et avant tout question de transmission.

Une définition magnifique qui  change, qui plait à tous, notamment aux éducateurs.

Mais dès qu’on y réfléchit un peu, on s’aperçoit que cette définition est très bizarre, puisque qu’on n’est jamais fixé.

En effet…

Alors je serais juif si mes petits enfants sont juifs. Ok , alors j’attends déjà d’avoir des petits enfants, j’attends en moyenne 60 ans (c’est long !), puis lorsque j’ai des petits enfants, je les observe et je me pose la question suivante : mes petits enfants sont-ils juifs ? Je veux avoir enfin la réponse sur ma propre judéité. Mais mes petits enfants je ne sais pas si ils sont juifs, car pour le savoir il faut attendre de voir leurs propres petits enfants et ainsi de suite… On n’est donc jamais fixé.

Avec cette définition qui semble magnifique, on ne répond donc jamais à la question “Qui est juif ?”.

Alors on adore cette définition, alors que c’est une formule qui ne donne aucune réponse. Bizarre non ?

Ou alors la réponse est la suivante. “Qui est juif ?” Celui qui s’interroge, qui questionne, mais qui n’a jamais de réponse définitive.

Mais pourquoi évoquer cette question dans la série d’articles sur Pessah ? Quel rapport ?

Nous l’avons vu Pessah est certes la fête de la liberté, mais aussi la fête de la transmission, de la pédagogie et du questionnement.

Et bien dans cette question “Qui est juif ?” et dans cette réponse “Celui qui a des petits enfants juifs”, on retrouve toutes ces thématiques : la transmission, la pédagogie et le questionnement.

Et la liberté ? Et bien n’est ce pas en se posant éternellement des questions, souvent sans réponses, qu’on devient libre ?