Une année embolismique qu’est ce que c’est ?

Adar chéni c’est un mois de l’année ?

Pourim Katan, c’est nouveau ?

Les fêtes tombent tard cette année pourquoi ?

Le calendrier hébraïque est un peu compliqué, essayons d’y voir un peu plus clair.

 

Le jour

 

Le jour juif commence à la tombée de la nuit au coucher du soleil pour s’achever le lendemain à l’apparition des premières étoiles; en référence au premier livre de la Torah, Berechit “Il y eut un soir, il y eut un matin, jour 1”, et à l’époque c’est en observant la Lune et les astres qu’on pouvait se repérer.

Jour se dit en hébreu “yom”, yom tov pour les jours de fêtes, yom chabbat pour le Chabbat.

 

La semaine

 

C’est le trait le plus caractéristique du judaïsme, avec cette invention du Chabbat, le 7ème et dernier jour de la semaine, celui où, à l’image de D.ieu, nous cessons toute activité, toute création. A noter que Chabbat est le seul jour de la semaine à porter un nom, les autres jours s’appellent le 1er, le 2ème, etc. Yom Richone, le 1er jour c’est dimanche; d’ailleurs en Israël c’est le 1er jour de la semaine, tout le monde reprend le travail et les enfants l’école.

Semaine se dit en hébreu “Chavoua”, de la racine Chéva qui veut dire 7.

 

Le mois

 

Le mois hébraïque est lunaire, il commence avec la nouvelle Lune quand le croissant est le plus fin et se termine sans Lune. Le temps entre deux occurrences d’une position relative de la Terre et de la Lune est de 29,5 jours. Chaque mois de l’année est donc de 29 ou 30 jours. Donc le 15 de chaque mois hébraïque c’est la pleine lune.

Il y a douze mois dans l’année comme les douze tribus. Les noms des mois ne sont pas d’origine hébraïque, ils sont babyloniens, importés suite à l’exode des juifs, six siècles avant notre ère, dans ce pays de Babylone (la Perse).

Le calendrier juif est solaire et lunaire à la fois; en effet nous souhaitons que les cycles des mois correspondent aux saisons et qu’ainsi, par exemple, Pessah tombe toujours au printemps.

Or une année lunaire comporte 12 mois de 29,5 jours, soit 354 jours/an.

Et une année solaire comporte 365 jours (le temps du cycle solaire, le temps pour la terre de faire un tour complet autour du soleil).

Pour compenser ces 11 jours de différence nous rajoutons un 13ème mois environ tous les trois ans, exactement 7 fois en 19 ans.

Ce 13ème mois rajouté est le 2ème mois de Adar, “Adar chéni”, “Adar bet”, Adar II”.

C’est un mois intercalaire, nous redoublons le mois de Adar (celui où l’on trouve la fête de Pourim), celui qui précède le mois de Nissan, celui de la fête de Pessah.

Une telle année, comportant 13 mois (ce qui arrive très régulièrement, 7 fois tous les 19 ans, selon la série suivante: 3, 6, 8, 11, 14, 17, 19) s’appelle une année embolismique (en  grec : “intercalaire”) ou en hébreu une année “Méouberet”, c’est à dire pleine.

Roch h’odech : c’est le début du mois, littéralement  “la tête du mois”. Nous fêtons ce renouvellement; la Lune, en effet symbolise la capacité à renaître, à se renouveler; c’est une idée fondamentale dans le judaïsme.

La Lune avec ses cycles symbolise aussi le féminin, quant au soleil il représente le masculin. Notre calendrier luni-solaire concilie ainsi cycle lunaire et cycle solaire dans une recherche d’harmonie, une valeur centrale dans notre tradition.

 

L’année

 

L’année sit dit “Chana” en hébreu. Chana tova se souhaite-t-on à l’occasion de la fête de Roch Hachana, littéralement la tête de l’année.

Le 1er mois est le mois de Nissan, celui de la fête de Pessah, marquant le printemps. Par contre le début de l’année se trouve exactement à l’opposé, au début du 7ème mois, au mois de Tichri, à l’automne. Nous comptons les années depuis la création, celle du 1er homme, Adam. Nous sommes en 5779, pour 2019 pour le calendrier grégorien. Un écart de 3760 ans.

 

Le temps

 

La notion du temps est fondamentale dans le judaïsme. Nous sanctifions le temps régulièrement, toutes les semaines durant le Chabbat, puis plusieurs fois par an avec les “yom tov”, avec des règles de sanctification très proches du Chabbat. Nous distinguons ainsi ces jours des autres jours de la semaine, de l’année, des jours profanes, “h’ol” en hébreu, signifiant “vides”, en fait vide de spiritualité, ce que l’on pourrait appeler les jours ordinaires, ceux du “métro, boulot, dodo”. Mais en fait ces deux qualités de temps  se complètent, l’un permettant à l’autre de se réaliser et vice versa.

Abraham Heschel développe dans son ouvrage “Les bâtisseurs du temps” la thèse suivante :

Les Juifs ont développé une sensibilité particulière au temps et que faute de territoire,  faute de pays, le Juif s’est ancré dans un rapport au temps tout particulier. Le Juif ainsi a une certaine conscience du temps. En effet le temps est une prison dont il est impossible de s’évader, de s’extraire; le temps s’écoule irrémédiablement depuis notre naissance jusqu’à notre mort. Tout ce que nous pouvons faire c’est insufler dans l’instant présent une part d’éternité, consistant tout simplement à insister sur la vie sociale, familiale, la joie, la convivialité, la vie spirituelle, des moments où l’homme accède à sa vraie liberté.

 

Et alors Pourim Katan qu’est ce que c’est ?

Les années embolismiques, comme celle que nous vivons en ce moment, l’année 5779, nous rajoutons un 2ème mois de Adar, ok. Mais la fête de Pourim qui a lieu de 14 Adar, a t elle lieu au 1er mois de Adar ou au 2ème ?

Et bien Pourim va se dérouler au 2ème mois de Adar, pendant Adar Chéni, soit le 20 mars 2019.

Et bien le 14 Adar, au 1er mois de Adar nous allons fêter le Pourim Katan; un “petit Pourim”, un clin d’oeil à la fête.

Comment célébrer cette “petite fête” ? : toujours l’occasion de faire la fête, de bien manger, le “festin de Pourim”. Mais pas de lecture du rouleau d’Esther, nous lirons la Méguila un mois plus tard.