La Shoah est l’extermination systématique par l’Allemagne nazie de six millions de Juifs, soit les deux tiers des Juifs d’Europe et environ 40% des Juifs du monde, pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Le bourreau tue toujours deux fois, la seconde fois par l’oubli » Elie Wiesel.

 

Et oui, je l’ai fait. J’ai commencé par une définition, un rappel… Au cas où. Je n’aurais jamais cru devoir le faire.

 

En effet plusieurs enquêtes parues récemment sont alarmantes.

Une enquête menée par la chaîne d’information CNN auprès de 7000 Européens révèle qu’un jeune français (moins de 30 ans) sur cinq ne connaît pas la Shoah. Boum !

Un autre sondage de la CLAIMS Conférence livre le résultat consternant suivant : La moitié des Américains sont incapables de citer le nom d’un seul camp de concentration.

 

Et ici nous ne parlons pas des écoles (dans ces fameux “territoires perdus de la République”) dans lesquelles l’histoire de la Shoah n’est plus enseignée sous la pression des élèves (et des parents), tous issus de l’immigration arabo-musulmane, conjuguée à la démission ou la peur des enseignants, des directions d’établissements, du rectorat et du ministère national de l’enseignement. Un véritable fiasco.

 

Nous y voici, nous y voilà, cela fait plus de vingt ans que les premières voix se sont élevées : que va t il se passer lorsque les témoins vivants de la Shoah vont disparaître ? Qui va se rappeler, se souvenir ? Qui va témoigner ? Ne connaîtrons nous pas alors un nouveau déni, un certain négationnisme ? Puis un relan, un regain d’antisémitisme ?

 

Les tout derniers témoins sont encore vivants, ils ne sont plus bien nombreux et voilà déjà que les premiers dégâts de la mémoire font rage. Tout d’abord l’ignorance (cf les résultats des enquêtes citées) qui va nourrir ensuite très vite l’antisémitisme. Une boucle infernale annoncée qui semble irrémédiable.

 

Que pouvons nous faire ? Que devons nous faire ?

Nous les enfants et les petits enfants de cette génération qui avons connu la Shoah, pouvons nous témoigner à notre tour ? Comment ? Quelle force aura notre discours ? Nous n’y étions pas, nous ne faisons que rapporter ce que nos anciens nous ont raconté, sommes nous alors crédibles ?

 

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Un organisme d’éducation informel, tel que Moadon, a-t-il lui aussi un rôle à jouer, une responsabilité ? Comment assumer notre vocation génétique de transmission sans aborder et traiter de la question de la Shoah ?

 

Autant de questions, d’interrogations auxquelles nous nous devons d’apporter des réponses , faute de passer à côté de notre mission.

 

Nous avons eu la chance de côtoyer à Moadon pendant quelques années notre doyen Georges Loinger, un homme tout à fait exceptionnel, décédé il y a peine un mois, à l’âge de 108 ans. Cette personnalité hors du commun, les messages qu’ils nous a passés durant toutes ces années devraient nous inspirer pour trouver les voies possibles pour perpétuer la mémoire, pour se souvenir, pour garder intacte notre histoire, pour la transmettre à notre tour.