Les propos tenus sur cette page (cette rubrique) ne représentent que et uniquement l’opinion de leur auteur, et n’engagent pas Moadon.

Theodor Herzl et Jacob : un même combat

Jacob, habitant de la tente, dans l’ombre de sa mère, s’est transformé à Haran en homme d’affaires avisé. Cette transformation s’est donc opérée en dehors de la terre Promise. Par conséquent on comprend son inquiétude naturelle quand il est sur le point de traverser la rivière et de rentrer sur la terre de son passé et/ou de son futur.
Jacob organise alors le passage en toute sécurité de toute sa famille et reste seul de l’autre côté de la rive. Un dernier moment à l’étranger avant de rentrer chez lui et il a lutté jusqu’à l’aube.

Mais avec qui a-t-il lutté ?

Comme toujours plusieurs possibilités, plusieurs pistes de réflexions… En voici quelques unes.

Il a lutté avec un homme, cet homme c’est son frère, c’est Esaüe, celui qui était son ennemi, celui qui lui voulait du mal, celui qui était jaloux.
Mais Esaüe représente aussi les nations du monde, ou l’occident, alors Jacob se battait une dernière fois avec les nations pour pouvoir s’extraire de l’exil.
Ainsi la lutte de Jacob s’apparente aux efforts déployés par le peuple juif avec le monde, et ce à toutes les époques, lorsqu’il tente de rentrer chez lui, sur sa terre.
Une autre interprétation est possible: la lutte pour le retour n’est pas avec les nations du monde mais plutôt en nous mêmes. C’est d’ailleurs la pensée de Herzl. C’est déjà ce que nous avions observé lors de la sortie d’Egypte et des dix plaies. Certes il fallait faire céder le pharaon, mais surtout il fallait convaincre les hébreux de sortir de cet exil. Même si l’Egypte était le pire des enfers, un état concentrationnaire, le changement, l’arrachement à ses habitudes était encore plus difficile à surmonter.
Herzl, près de 3000 ans plus tard, a vu à quel point les juifs étaient dépendants de leur vie en exil. Le confort de l’Europe comme celui de Haran pour Jacob, ont créé une tendance à rester, à reporter le retour à la maison à un autre jour.
Ce ne sont pas seulement les obstacles politiques qui ont empêché les juifs de retourner chez eux, mais surtout leurs doutes, leurs hésitations, leur inaction.
La lutte principale de Herzl était avec les juifs.
Herzl reconnaissait que la terre dans laquelle nous voulions retourner n’était pas parfaite, mais cela ne devait pas être une excuse pour ne pas y aller.

Il résumait cette pensée avec la formule suivante :
« La terre guérira le peuple et le peuple guérira la terre ».

Ces interrogations, ces hésitations, ces combats sont éternels et vrais à toutes les époques.

Et aujourd’hui ?

Vous pouvez relire tout ce texte, toutes ces périodes historiques, de Jacob à Herzl en passant par la sortie d’Egypte : rien, absolument rien n’a changé. Tout est encore valable, les mêmes situations, les mêmes doutes, les mêmes difficultés, les mêmes comportements.
A chacun, à chaque génération de savoir relever ces défis à titre individuel et collectif, il en va de la survie de notre peuple, de notre histoire.

André Bensimon

CONDITIONS DE MODÉRATION DU BLOG :

Le blog et les commentaires sont modérés a posteriori. Le non respect de l’une des règles suivantes entraîne la suppression de l’article et du commentaire :

– Commentaires diffamatoires, racistes, pornographiques, pédophiles, incitant à délit, crimes ou suicides,
– Commentaires reproduisant une correspondance privée sans l’accord des personnes concernées,
– Commentaires agressifs ou vulgaires.