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Les « enfants d’Izieu » désigne un groupe de 44 enfants juifs de différentes nationalités, réfugiés dans une bâtisse transformée en colonie de vacances pendant la Seconde Guerre mondiale, sur le territoire de la commune française d’Izieu, dans le département de l’Ain. Ces enfants furent déportés à la suite d’une rafle de la Gestapo, le jeudi 6 avril 1944, et furent exterminés à Auschwitz. Six des adultes qui les accompagnaient subirent le même sort.

Sabine Zlatin, une juive polonaise réfugiée en France avant la guerre et infirmière à La Croix Rouge, veut éloigner des enfants juifs de Montpellier où les rafles nazies sont nombreuses.
Pierre Marcel Wiltzer, sous préfet dans l’Ain propose à Sabine Zlatin une maison pour créer une colonie de vacances. Il sait qu’il s’agit de soustraire du danger des enfants de l’Hérault.

Izieu est un petit village perché au dessus d’un bras du Rhône à la frontière de trois départements français : l’Ain, l’Isère et la Savoie.

Ici « vous serez tranquilles » dit Pierre Marcel Wiltzer à Sabine Zlatin.

Du printemps 43 jusqu’en janvier 44 tout se passe bien, 105 enfants ont pu séjourner à Izieu à la colonie.

Le 7 janvier 1944, le médecin de Sabine Zlatin et de la colonie, Albert Bendrihen, est arrêté à 16h à son domicile par les Allemands, au hameau voisin de Glandieu à 3km d’Izieu. Il est déporté le 3 février du camp de Drancy vers Auschwitz.

Le 8 février 1944, la Gestapo effectue une rafle dans les locaux de la 3ème direction de l’UGIF à Chambéry, dont dépend la colonie d’Izieu.

Marguerite Kahn, de l’OSE et du réseau de résistance Garel, se rend à Izieu et pousse à la dispersion des enfants. L’arrestation du docteur Bendrihen et la rafle de Chambéry sont deux événements qui amènent Sabine Zlatin et son mari à vouloir disperser les enfants.

Le 6 mars 1944, Pierre Marcel Wiltzer est muté à la sous préfecture de Châtellerault dans La Vienne. La colonie perd un allié dans l’administration.

 

La dénonciation

Les enfants d’Izieu auraient été dénoncés par un français de Metz. En définitive, le procès de Klaus Barbie se termine sans que l’on connaisse le responsable.

Lucien Bourdon est un fermier originaire de Lorraine installé dans une ferme à Izieu. Il recherche un grand garçon pour l’aider à la ferme.

Les Zlatin leur propose un garçon de la colonie, Fritz Loebmann, qui possède une fausse carte d’identité, au nom de François Loban. Il est probable que Fritz ait laissé traîner une lettre dans la ferme des Bourbon. Lucien Bourbon réalise alors que les enfants d’Izieu sont juifs et passe l’information à Klaus Barbie. Il ordonne la rafle.

Le 6 avril 1944, les Allemands arrivent à la Maison d’Izieu. Cette date correspond aux vacances de Pâques et le premier jour des vacances scolaires.

Le 6 avril au soir, c’est le 1er soir du seder de Pessah.

Ce 6 avril, les troupes de la Gestapo, sous le commandement de Klaus Barbie, investissent la colonie et arrêtent les 44 enfants résidents et les 7 adultes présents les encadrant.
Les enfants et les adultes sont embarqués dans des camions vers la prison de Montluc, à Lyon.

Au procès Barbie, la seule survivante, Léa Feldblum, témoignera : “Les enfants étaient assis sur le sol et les adultes avaient leurs mains hautes liées sur les murs.”

Ils sont, ensuite, expédiés au camp de Drancy où ils arrivent le 8 avril. Les enfants et les adultes sont emmenés vers les camps de la mort en plusieurs convois (71,72,73,74,75 et 76) le 13 avril, le 15 mai, le 20 mai et le 30 mai 1944.

Dès leur arrivée à Auschwitz, quarante deux enfants sont gazés, le plus jeune, Albert Bulka, étant âgé de 4 ans. Les deux derniers enfants, le quarante troisième et le quarante quatrième seront déportés et exterminés dans un autre camps.

Léa Feldblum, une éducatrice de la colonie, sera déportée à Auschwitz avec les enfants, mais survivra après avoir subi des « expériences » médicales.

Sabine Zlatin se trouve à Montpellier le 6 avril 1944, pour trouver un nouveau refuge pour les enfants d’Izieu. Absente au moment de la rafle, Sabine Zlatin, désormais surnommée « la Dame d’Izieu », a consacré le reste de son existence à son combat pour la mémoire des enfants.

À la suite de l’émotion soulevée par le procès Barbie, dit le « boucher de Lyon », un mémorial est fondé à l’initiative de Sabine Zlatin et de la communauté juive de Lyon dans la maison et les dépendances de la maison pour enfants.

 

André Bensimon

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